• Qu'est-ce que Affaire MEBA?

     

    Cet article vous édifiera sur ce qu'est l'affaire MEBA. Cette histoire moche a porté un coup dur sur le système éducatif nigérien et aussi sur l'image du pays et de ses dirigeants. S’il n’y a pas la presse et autres sociétés civiles pour dénoncer les malfaiteurs ; l’affaire MEBA ne sera jamais connu et punie. La lecture du suivant article vous informera d’avantage.

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    AFFAIRE MEBA RESSUSCITÉE. Ary et Hamani appelés à la barre !

     

    «M. le huissier, voulez-vous vérifier si les juges suppléants sont dans la salle ?», dit le président de la Haute Cour de Justice (HCJ), Adamou Moumouni Djermakoye. L’huissier s’exécute et constate que les trois juges suppléants sont bien là. « M. le huissier, voulez-vous vérifier si les accusés ont reçu signification à comparaître huit jours avant l’audience ?». Confirmation est donnée que les deux anciens ministres de l’Education de base, MM. Ary Ibrahim et Hamani Harouna, ont bien reçu notification dans les délais. L’affaire MEBA révélée par «Le Républicain», qui a porté sur le détournement de près de quatre milliards FCFA d’appuis des partenaires techniques et financiers à l’éducation de base, est ainsi inscrite au rôle de la HCJ. Ary Ibrahim, le premier, se lève et répond avoir reçu notification dans les dé-lais. Appelé, Hamani Harouna répond absent. Il effectue actuellement le pèlerinage à La Mecque. Surprise du président Djermakoye qui a rappelé que l’accusé, qui bénéficie de la liberté provisoire, se doit de rester à la disposition de la justice. Ce faisant, il doit informer la HCJ de tous ses mouvements. De nouveau, Djermakoye interroge le huissier : «Voulez-vous vérifier si les témoins cités à personne sont là ?» Oui ils sont là à quelques exceptions près comme Himadou Hamani dit Sirigneré, opérateur économique, bénéficiaire de beaucoup de mar-chés de gré à gré et surfacturés du Ministère de l’éducation, présenté comme l’élément clé de toute la procédure. Sirigneré est lui aussi à La Mecque. L’huissier confirme que les 39 témoins ont reçu notification. Entre autres témoins, les députés Zakou Djibo dit Zakai, Rajah Chaibou, Intarou Hassane, Bonkano Maifada, bénéficiaires de marchés du MEBA, MM Sala Assane et Mala Ari, anciens directeurs de cabinet de l’ex Premier ministre Hama Amadou.


    Après une suspension, l’on passe aux choses sérieuses. Le premier dossier à être appelé, c’est celui du Ministère Public contre Ary Ibrahim. Après vérification de l’identité de l’accusé, c’est l’un des avocats d’Ary, Maître Souleye Oumarou, qui prend la parole, pour signifier l’absence d’un témoin capital, dans la charge qui pèse sur son client : Sirigneré. C’est pourquoi, a-t-il signalé, le dossier ne peut pas être jugé en l’état.

    Le Procureur général rappelle les charges retenues contre Ary et Hamani contenues dans les actes d’accusation, le préjudice causé à l’Etat par la restitution de 380 millions FCFA représentant la somme cautionnée des commerçants dé-férés devant le tribunal de droit commun, ordonnée par le juge d’instruction Chaibou Moussa. Il demande qu’il plaise à la Haute Cour de révoquer la liberté provisoire accordée aux deux accusés et d’approfondir les investigations sur les mouvements de leurs comptes, et leurs biens immobiliers. Pour Me Souleye, les réquisitions du Procureur supposent qu’il y ait eu des débats préalablement. Il a rappelé sa demande restée sans suite sur la continuation de l’enquête. L’identification des biens de son client a été faite en son temps, sans que le Procureur général de l’époque n’ait eu à redire, encore moins demander une contre-expertise. Et Me Souleye de se demander quel est l’élément nouveau qui peut justifier la révocation de la liberté provisoire de son client, qui est là devant la Cour. C’est comme si on veut reprocher à la Cour son irresponsabilité. Son client est resté en prison pendant presque huit mois, au-delà des prescriptions de la loi, et le mandat de dépôt n’a jamais été renouvelé. Ailleurs, le Procureur aurait pu être poursuivi pour « attentat à la liberté ». La détention provisoire est une mesure exceptionnelle, mais pas générale, a-t-il dit. Son confrère Oumarou Mainassara, le second avocat de Ary, d’ajouter que son client a indiqué son domicile, et ne s’est jamais déplacé sans saisir la Cour par écrit. Il ne comprend pas pourquoi le Ministère Public veuille remonter à l’ordonnance de mise en accusation, et non à celle de renvoi devant la HCJ. Il conclut qu’ainsi le parquet est parti trop vite en besogne.

    Pour sa part, Maître Cissé Ibrahim, avocat de Hamani Harouna, a excusé son client, qui en allant à la Mecque n’a nulle intention de se soustraire à la justice. Il est, lui aussi, victime des impondérables des vols de retour des pèlerins. Me Cissé rappelle que les décisions de la commission d’instruction, devenues définitives, ne sont susceptibles de remise en cause que s’il y a des éléments nouveaux ; la Cour n’est pas là pour violer la loi mais pour l’appliquer. A travers la demande de complément d’information, il y voit une façon de régler des comptes extrajudiciaires. C’est pourquoi, à ses yeux, la révocation de la liberté provisoire, accordée à son client, ne tient pas la route.


    Après deux suspensions, la Haute Cour a rendu des arrêts sur les deux re-quêtes du Ministère Public. Elle ordonne un complément d’informations pour faire la lumière sur les mouvements de comptes des accusés et l’origine de leurs biens immobiliers. Ils seront préservés par le séquestre pour une bonne administration de la justice. Sur la 2è requête, elle ordonne qu’il n’y a pas lieu de révoquer la liberté provisoire accordée aux deux ac-cusés. En d’autres termes, ils continueront à bénéficier de la liberté provisoire.

    Depuis sa création en juin 1997, c’est la première fois que la HCJ siège pour juger des membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs foncions. Le président Djermakoye a tenu à rassurer les Nigériens que sa juridiction accomplira son devoir sans défaillance. « Notre conscience est notre seul maître » a-t-il ajouté, rappelant que ses collègues et lui-même n’accepteront aucune pression.
    L’audience est renvoyée à bientôt, en attendant le retour du second accusé et de certains témoins. La Haute Cour est impatiemment attendue, d’autant que l’éducation de base est en déficit de financements extérieurs, pour cause de l’Affaire MEBA.

    Source: Le Républicain, 27 décembre 2007


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